Montant construit, hypothèses affichées

Deux sujets figurent au registre des risques, sur deux pages différentes, tenues par deux directions.

Page une, le fournisseur dont on ne peut plus sortir. Page deux, la personne sans laquelle un système s’arrête. Les deux phrases décrivent la même chose.

La même exposition, vue de deux côtés

Fournisseur uniquePersonne unique
Signal d’alerteaucune alternative chiffrée au dossierune seule personne sait entrer dans le système
Coût du départfrais de sortie, migration, perte de données4 954 € par mois de couverture externe
Moment où ça se paieau renouvellement ou à la sortiedu jour au lendemain, sans préavis utile
Levier de réductionclause de réversibilité, second fournisseur, format d’exportdocumentation, doublure, rotation
Direction qui suitjuridique et achatsressources humaines
Direction qui paiedirection financièredirection financière

Les deux dernières lignes sont le sujet de cet article. Deux directions différentes surveillent, une seule paie, et aucune des trois ne voit le total.

Ce qui distingue vraiment les deux

Il y en a une seule, et elle joue en faveur du fournisseur.

Une dépendance fournisseur se traite parfois par le droit. La décision de la Commission européenne du 9 juillet 2026 sur les contrats de maintenance en est l’illustration : des engagements contraignants pour dix ans ont ouvert des portes de sortie qui n’existaient pas, sans qu’aucun client ait eu à négocier quoi que ce soit.

Une dépendance à une personne ne se traite jamais par le droit. Aucune clause n’oblige quelqu’un à rester, et une clause qui l’obligerait serait sans effet. Elle se traite uniquement par ce que l’entreprise a écrit avant le départ.

Autrement dit, celle des deux dépendances qu’on surveille le moins est celle sur laquelle on a le moins de recours.

Ce qu’on va vous répondre, et quoi répondre

« Elle ne partira pas, elle est là depuis dix ans. » C’est exactement le profil qui produit la dépendance, et l’ancienneté n’est pas une garantie. La question n’est pas de savoir si la personne va partir, mais combien coûte le mois où elle sera absente, pour une raison qui ne vous regarde pas.

« Changer de fournisseur coûterait plus cher que rester. » C’est peut-être vrai, et c’est chiffrable. Demandez le montant, avec la migration, la reprise de données et la double exploitation pendant la bascule. Un coût de sortie non chiffré n’est pas un argument, c’est une impression.

« On documentera quand on aura le temps. » Deux à cinq jours de travail dirigé suffisent à couvrir l’essentiel : ce que fait le système, ce qui le casse, qui appeler, où sont les accès. À 360 euros la journée interne, la couverture complète coûte moins qu’un mois de vacance de poste.

« Ce sont deux sujets différents. » Ils ont le même signal, le même effet et le même payeur. Les traiter dans deux comités différents garantit qu’aucun des deux ne sera arbitré au bon niveau.

À vérifier chez vous, en vingt minutes

La liste des systèmes qui s’arrêtent si une personne précise est absente un mois. Écrivez les noms. La gêne à écrire un nom est elle-même l’information.

La liste des fournisseurs dont vous ne savez pas dire le coût de sortie. Même exercice, même gêne.

Le point commun entre les deux listes. Dans une entreprise de 20 à 200 personnes, la même personne tient souvent la relation avec le fournisseur critique. Vous avez alors une dépendance double sur un seul point.

Le comité où ces deux listes seront présentées ensemble. S’il n’existe pas, c’est la première décision à prendre, et elle ne coûte rien.

La phrase à retenir

Un fournisseur unique et une personne unique produisent la même facture. Seule la page du registre change.

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Sources

Dernière revue: 20 août 2026

Chiffres à revoir avant 20 août 2028