Montant construit, hypothèses affichées

Le besoin est identifié depuis huit mois. Tout le monde est d’accord sur son existence, personne ne l’est sur la façon de le couvrir, et il continue d’être traité par la personne qui a le moins de raisons de s’en occuper.

Trois branches existent. La discussion n’en compare jamais que deux.

Le coût d’une journée, des deux côtés

Un poste payé à la médiane du marché coûte 78 546 euros par an une fois le coefficient employeur appliqué. Rapporté à 218 jours travaillés, cela fait 360 euros la journée.

Un prestataire au tarif de référence coûte 575 euros la journée, soit 60 % de plus.

L’écart semble clore le débat. Il ne le clôt pas, parce que les deux journées ne s’achètent pas de la même façon : la journée interne s’achète par paquet de 218, la journée externe à l’unité.

Les trois branches sur un besoin de 100 jours

BrancheCoût annuelCe qu’on achète
Faire, en embauchant78 546 €218 jours, dont 118 pour autre chose
Faire faire57 500 €100 jours, et rien d’autre
Ne pas faire36 030 €100 jours pris sur le temps de gens déjà occupés

La troisième ligne est celle que personne ne calcule. Un besoin non traité ne disparaît pas : il est absorbé, par bouts, par des gens dont ce n’est pas le métier et qui y passent quand même du temps. Ce temps a un prix, et c’est le même prix que la première ligne, 360 euros la journée.

Ne pas faire n’est pas gratuit. C’est simplement la seule des trois branches qui ne demande aucune signature.

Ce que le tableau ne dit pas, et qui décide

La surcapacité de la première branche. Les 118 jours qui restent ne sont un gaspillage que si personne n’en a l’usage. Dans une entreprise de 20 à 200 personnes, il y a toujours un deuxième besoin en attente, et c’est lui qui rend l’embauche rentable, pas le premier.

La qualité de l’absorption dans la troisième. Un besoin traité par bouts, par quelqu’un qui apprend en même temps, prend plus de 100 jours. Le coût réel de cette branche dépasse celui qui est affiché, sans qu’on sache de combien.

Ce qui reste dans l’entreprise. La branche externe laisse ce qui a été écrit. La branche interne laisse une personne qui connaît le système. La branche du statu quo laisse une compétence dispersée dans plusieurs têtes, ce qui est le pire des trois cas pour la continuité.

Ce qu’on va vous répondre, et quoi répondre

« Un prestataire coûte plus cher à la journée. » Oui, 60 % de plus. Et il ne coûte rien les 118 jours restants. La comparaison à la journée n’a de sens que si le besoin remplit une année complète.

« On absorbe en interne, ça ne coûte rien. » Cela coûte 360 euros par jour absorbé, prélevés sur des activités qui ne se feront pas. Demandez lesquelles. Si personne ne peut nommer ce qui a été décalé, c’est que le besoin est absorbé au détriment de la qualité ou du délai.

« On embauchera quand le volume le justifiera. » Le seuil de bascule est de 137 jours au tarif de référence. Sous ce volume, la prestation gagne. Au-dessus, l’embauche gagne à condition que le besoin dure trois ans. Ces deux nombres transforment une opinion en critère.

« On n’a personne pour encadrer. » C’est l’argument qui disqualifie la première branche, et il est recevable. Il ne rend pas la troisième meilleure pour autant : un besoin absorbé sans encadrement produit exactement les mêmes défauts, sans le salaire en face.

À vérifier chez vous, en vingt minutes

Le volume réel du besoin, en jours. Reprenez six mois de sollicitations et comptez. La plupart des besoins réputés permanents tournent entre 60 et 90 jours par an.

Votre coût interne à la journée. Coût employeur annuel divisé par votre nombre réel de jours travaillés, congés et absences déduits. Ce chiffre devrait figurer sur la première page de tout dossier d’arbitrage, et il n’y figure presque jamais.

Ce qui a été décalé cette année. La liste des chantiers repoussés est le relevé de la troisième branche. Elle est plus parlante que n’importe quel tableau.

La durée prévisible du besoin. Trois ans reste le seuil au-delà duquel l’embauche se justifie.

La phrase à retenir

Il n’y a pas deux branches mais trois, et la troisième est la seule qu’on ne facture jamais à personne.

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Sources

Dernière revue: 20 août 2026

Chiffres à revoir avant 20 février 2028